La lettre des énergies renouvelables du 29/01/2014

Un Airbus de l'énergie ?

La proposition lancée par François Hollande de créer « une grande entreprise franco-allemande pour la transition énergétique » recueille le scepticisme de l'autre côté du Rhin. Comment en effet concilier des systèmes énergétiques aux structures si diamétralement opposées ? Alors que les grands énergéticiens dominent en France, l'Allemagne se caractérise par un tissu de centaines d'entreprises de production d'énergie, allant des 4 "grands" (E.ON, EnBW, Vattenfall et RWE) à une multitude de PME et régies municipales. Quels seraient donc les champions susceptibles de former cet "Airbus de l'énergie" ? Et pour quoi faire ? La transition requiert une multitude de technologies relevant de domaines très différents. Enfin, les précédents ne sont guère encourageants. L'association d'Areva et de Siemens dans le domaine du nucléaire s'était soldée par un échec. Siemens a rompu l'alliance en 2009, avant d'abandonner deux ans plus tard son activité dans le nucléaire. Toutefois, la France, la Suisse et l'Allemagne plancheraient déjà sur la création d'une usine photovoltaïque ayant une capacité de l'ordre de 1 à 5 GWc pour concurrencer les Chinois. La création d'un consortium sous l'égide de l'Institut national de l'énergie solaire (Ines), du Centre suisse d'électronique et de microtechnique (CSEM) et de l'Institut Fraunhofer ISE est évoquée par le directeur de ce dernier. Pour l'heure, l'Ines ne veut faire aucun commentaire.