La lettre des énergies renouvelables du 29/01/2014

Décryptage - Mais d'où vient cette "EEG 2.0" ?

Un petit commentaire aux commentaires. La presse spécialisée a récemment rapporté l'annonce faite par le ministre allemand de l'Économie et de l'Énergie, Sigmar Gabriel, des grandes lignes de la future loi énergie renouvelable, décrite comme loi "EEG 2.0". Visant à maîtriser les coûts de la transition, ce projet de loi a aussitôt été qualifié par les professionnels et associations environnementales allemands de "frein" au développement des énergies renouvelables. Elle a également été critiquée par certains Länder, représentés à la chambre haute du Parlement (le Bundesrat) et très attachés au développement agricole et local dû aux renouvelables. Le projet de loi sera par conséquent probablement amendé avant son adoption. Mais il est surtout intéressant de relever ce qui sous-tend cette réforme. Le think tank "Agora Energiewende" de Rainer Baake (actuel secrétaire d'État à l'Énergie) a publié en octobre dernier une étude proposant une réforme radicale de la EEG (intitulé, comme c'est étrange, "EEG 2.0") : suppression de tous les tarifs actuels pour les remplacer par un tarif unique maximum de 8,9 c€/kWh. À un pareil niveau, seuls l'éolien terrestre et le photovoltaïque peuvent encore se développer de façon massive. L'étude introduit tout de même l'idée d'un appel d'offres pour une prime de 5 c€/kWh pour l'éolien offshore à partir de 2017 et une prime de capacité de 500 €/kW (par appel d'offres) pour les énergies réglables (biomasse). Rainer Baake demandait alors : « Pourquoi payer 25 c€/kWh pour de l'électricité issue de la biomasse, quand on peut avoir de l'électricité à 9 c€/kWh venant de l'éolien et du solaire ? » Cela est surtout cohérent avec de nombreux scénarios prospectifs 100 % énergies renouvelables, qui préfèrent l'éolien et le photovoltaïque pour la production d'électricité, afin de rester économes sur l'usage de la biomasse, qui sera utile ailleurs (carburants, chaleur haute température). Ceci étant dit, une limite de 2,5 GW à l'éolien terrestre représente un coup de frein très relatif. Au cours des 10 dernières années, la capacité éolienne annuelle installée onshore a été de 1,5 à 2,5 GW en Allemagne. À quoi il faut ajouter l'offshore, qui monte en puissance. De même pour le photovoltaïque, la "limite" de 2,5 GWc constitue toujours un marché annuel de taille respectable, pour un pays comptant déjà près de 36 GWc installés.

Voir Le résumé de l'étude - en page 3 (allemand)