La lettre des énergies renouvelables du 29/01/2014

Politique suicidaire en Espagne

Crédit : Gamesa.

Le secteur éolien espagnol a un genou à terre. Seuls 175 MW ont été installés l'an dernier, contre 1 000 à 3 500 MW/an durant les 10 années précédentes. Le secteur a ainsi perdu 3 600 emplois durant le seul premier semestre 2013. En cause, un impôt supplémentaire de 7 % sur la production électrique et l'insécurité juridique créée par la réforme énergétique présentée par le gouvernement l'été dernier. Celle-ci prévoit de supprimer le système de tarif d'achat pour l'énergie éolienne de manière rétroactive, affectant non seulement les futures installations mais également toutes celles existantes. La réforme envisage de le remplacer par un système plus aléatoire, dépendant du budget de l'État, de "complément à l'investissement". La réforme en question doit être adoptée sous peu. L'éolien n'a pourtant pas démérité en Espagne. Il est devenu en 2013 la première source d'électricité du pays (21,1 %), devant le nucléaire (21 %). Les 53,9 TWh d'électricité générés représentent l'équivalent de la consommation de l'ensemble des 15,5 millions de foyers espagnols, le pays comptant 47,2 millions d'habitants. « En 16 ans, l'éolien est parvenu à réduire de 20 % les importations de combustibles fossiles du secteur électrique », précise l'Association de l'industrie éolienne espagnole (AEE). En outre, l'éolien fait baisser le prix de l'électricité sur le marché, ce qui profite aux grands consommateurs industriels.