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La lettre des énergies renouvelables du 05/03/2015


3 questions à... Christian Cardonnel - "La nouvelle réglementation valorisera mieux les ENR que la RT2012"

Crédit photo : DR.

Hier, le salon BePostive a démarré avec une conférence sur la place des énergies renouvelables dans le bâtiment. L’occasion pour La Lettre des Énergies Renouvelables d’interroger Christian Cardonnel, président de la Commission énergies renouvelables et bâtiment du Syndicat des énergies renouvelables (SER).

La nouvelle loi sur la transition énergétique vient d’être adoptée par le Sénat. Quelles en sont les mesures phares en ce qui concerne le bâtiment ?

Les bâtiments existants ayant une consommation selon le diagnostic de performance énergétique de plus de 330 kWh/m2.an devront avant 2030 avoir fait l'objet d'une rénovation énergétique. Pour la construction, la loi promeut les bâtiments à énergie positive, notamment dans le domaine public. En 2018, une nouvelle réglementation énergétique, environnementale et économique, dite RE2018, devrait voir le jour aussi bien pour le neuf que la rénovation. Les méthodes de calculs de la réglementation thermique vont être revues et harmonisées pour mieux valoriser les énergies renouvelables et le besoin de confort.

Comment vont se développer les énergies renouvelables ?

L’ensemble des énergies, y compris celles de récupération (eaux usées, chaleur fatale de l’air vicié, etc.), seront prises en compte. Les aspects de la conception bioclimatique, de la qualité d’air intérieur, du confort d’été, des émissions de CO2 et du contenu énergie primaire vont compter. La géothermie sera mieux valorisée que dans la RT2012. Le solaire thermique, qui connaît de nombreux aléas aujourd’hui, devrait connaître de nouveaux développements grâce à l’hybridation avec le photovoltaïque notamment. La biomasse va continuer d’être l’énergie la plus utilisée, et la chaleur fatale et recyclée du bâtiment sera enfin prise en compte.

Quels seront les bénéfices pour les usagers ?

Lorsque l’on arrive à réduire de 70 % la consommation d’énergie, les économies financières ne sont malheureusement que de 30 à 40 %. C’est un problème, car moins on consomme de kilowattheures, plus le poids des redevances et de la maintenance est lourd et plus le prix du kilowattheure est cher. Il faut arriver à trouver un système équilibré et efficient.