La lettre des énergies renouvelables du 13/11/2014

Vattenfall - Changement de paradigme

Les centrales à charbon commencent à numéroter leurs abattis au nord de l'Europe. L'électricien suédois, propriété à 100 % de l'État, est sommé par le nouveau gouvernement, entré en fonction le 3 octobre dernier, de s'orienter davantage vers les renouvelables pour délaisser le charbon et le gaz. Stefan Löfven, chef du gouvernement d’une coalition de sociaux-démocrates et Verts, explique en effet que « le premier gouvernement rose vert du pays considère la protection du climat comme une tâche essentielle ». Le contrat de coalition prévoit que la production d'énergie provienne, à terme, à 100 % des énergies renouvelables. Le nouveau gouvernement entend par ailleurs rehausser les niveaux d'exigence de sécurité pour les centrales nucléaires, ce qui pourrait mener à la fermeture de 4 des 10 réacteurs nucléaires suédois d'ici à 2018.

Centrales à vendre

Cette nouvelle orientation a également des répercussions sur l'activité de Vattenfall en Allemagne, où ce dernier exploite l'une des ressources les plus polluantes qui soient : le lignite. Le gouvernement de Stefan Löfven a en effet expliqué qu'il souhaitait stopper l'extension des mines de lignite en Allemagne. Dans une parfaite langue de bois, le PDG de Vattenfall Allemagne, Magnus Hall, a déclaré fin octobre : « Notre stratégie prévoit clairement une réduction de notre exposition au dioxyde de carbone et une reconversion de notre portefeuille vers les énergies renouvelables. Le conseil d'administration a décidé d'étudier les options d'une nouvelle structure de la propriété des activités de Vattenfall dans l'exploitation du lignite ». En clair, le groupe cherche à vendre ses mines et centrales de lignite. Il y est d'autant plus incité que ses affaires vont mal : Vattenfall a enregistré un recul de 6 % de son chiffre d'affaires au troisième trimestre 2014. La dégradation de ses actifs à hauteur de 2,5 milliards d'euros revient d’ailleurs, pour l'essentiel, à son parc de centrales conventionnelles. L'Allemagne souffre en effet de grosses surcapacités de production électrique. À tel point que le gouvernement allemand entend fermer près de 10 GW de centrales à charbon (houille et lignite), soit une vingtaine d'unités, selon l'hebdomadaire Der Spiegel. Enfin, et pour couronner le tout, le royaume du Danemark a annoncé début novembre qu'il comptait avancer de cinq ans sa sortie du charbon, en 2025 plutôt qu'en 2030.