La lettre des énergies renouvelables du 15/07/2014

Hydroélectricité - Deuxième barrage géant en Chine

Légende : Vue du barrage Xiluodu sur la rivière Jinsha Jiang. La centrale affiche 13,86 GW de puissance.

Crédit : Siemens.

Le deuxième plus grand barrage de Chine après celui des Trois Gorges (22,5 GW) – et le troisième plus grand au monde – a été entièrement mis en service en juin. La centrale hydroélectrique de Xiluodu affiche une puissance de 13,86 GW, capable de produire 64 TWh par an, soit l'équivalent à lui seul de plus 13 % de la consommation française. Le barrage est situé sur la rivière Jinsha, un affluent du fleuve Yangzi Jiang, dans le sud-ouest de la Chine. Il a été construit et sera exploité par China Three Gorges Project Corporation. Il mesure 278 mètres de haut pour 700 mètres de large, avec un réservoir d'une capacité de 16,5 milliards de m3. La centrale est équipée de 18 turbines Francis de 770 MW chacune, dotées d'un rotor de 13,7 m de diamètre et livrées par Voith. Il permettra d'éviter le rejet de 150 millions de tonnes de CO2 par an. Une économie de carbone et un gigantisme qui se payent au prix fort sur les plans sociaux et environnementaux.

Barrages en série

Le chantier de Xiluodu ne semble pas avoir été marqué par les accidents mortels, contrairement à celui du barrage des Trois Gorges, où au moins une centaine d'ouvriers avait perdu la vie. Il a en revanche poussé au déplacement de 180 000 personnes (contre 1,2 million pour le barrage des Trois Gorges), sacrifiant au passage autant de villages et de terres agricoles. Un troisième barrage monumental de 6,4 GW, la centrale de Xiangjiaba, est également en cours de construction sur la rivière Jinsha par le même opérateur et doit être entièrement mis en service d'ici 2015. Il sera doté de 8 turbines Francis de 800 MW fabriquées par Alstom Hydro China. Là encore, environ 60 000 personnes devront être déplacées. Certaines organisations écologistes estiment que la multiplication des barrages sur cette rivière risque d'en faire une rivière “morte”. Les barrages étant situés en zone sismique, elles émettent enfin des doutes sur la prise en compte de ce risque par le gouvernement chinois.