La lettre des énergies renouvelables du 16/12/2014

3 questions à : Rémi Gruet, directeur politique d’Ocean Energy Europe

Rémi Gruet, directeur politique d’Ocean Energy Europe.
Crédit photo : Ocean Energy Europe.

À l’initiative de l’association Ocean Energy Europe a été créée en octobre 2013 TP Ocean, une plate-forme technologique dédiée aux énergies marines. Elle réunit aujourd’hui plus de 130 acteurs du secteur, issus de l’industrie, des centres de recherche, des universités, etc.
Son objectif : définir les priorités de recherche de la filière et dégager les stratégies de développement à mettre en œuvre pour faire des énergies marines l’industrie mature dont l’Europe veut se doter pour sa sécurité énergétique. Elle attend à l’heure actuelle une reconnaissance de la Commission européenne ; la demande a été adressée en juin dernier.

 

 

Qu’est-ce que TP Ocean ?

TP Ocean (Technology & Innovation Platform for Ocean Energy) est un réseau d’acteurs du secteur des énergies marines renouvelables, aujourd’hui plus de 130 personnes, lancé et géré par Ocean Energy Europe, l’association des professionnels des énergies océanes basée à Bruxelles. Il s’agit d’une plate-forme technologique européenne, comme il en existe sur d’autres thématiques (1), dont le but est d’établir un consensus des acteurs de l’industrie afin de dégager les priorités de recherche et de réfléchir au futur de ce domaine à fort potentiel d’innovation. Elle a été lancée en août octobre 2013 à Édimbourg, en Écosse, lors de la conférence annuelle Ocean Energy Europe. Sa présidente est Fiona Buckley, qui est directrice de production, technologies éolienne et marine chez Tractebel Engineering, du groupe GDF Suez.

Quel est son objectif ?

Les membres de TP Ocean sont sollicités pour réfléchir aux priorités de recherches pour la filière. L’objectif final est de faire des recommandations technologiques à la Commission européenne pour ses choix de financement de la recherche via un document, un “Strategic Research Agenda” qui présentera les axes de recherche prioritaires, les applications les plus urgentes, les mécanismes de financement à mettre en place, etc. Sur ce dernier point, une collaboration a été engagée avec le Ocean Energy Forum, lancé par la Commission européenne, qui cherche à identifier les problèmes spécifiques au secteur dans le financement, mais aussi dans le “permiting” (permis, réglementation, impact environnemental, etc.) et les blocages technologiques. TP Ocean est en charge des travaux du Forum sur les questions technologiques et une collaboration étroite avec les spécialistes du financement de projets énergétiques a été engagée pour trouver le bon mode de financement pour les bonnes priorités technologiques. Ocean Energy Europe, en tant que représentant du secteur européen, est au cœur de ces deux initiatives.

Quelles sont ses actions menées par TP Ocean ?

Au tout début, les membres ont été interrogés sur les priorités de recherche qu’ils pensaient les plus importantes pour mettre les premières fermes pilotes à l’eau dans les trois, voire les cinq prochaines années, soit dans un futur immédiat. Évidemment, nous en avions beaucoup trop, près de 70. Nous avons alors “rationalisé” ces thématiques, pour n’en obtenir plus que 50, donnant une vision des problèmes à résoudre. Puis, nous avons fait appel à une méthodologie développée par “SI Ocean”, un autre projet européen, pour prioriser ces thématiques selon des critères précis tels que : est-ce que cette priorité de recherche va permettre de diminuer les coûts ? Est-elle cruciale pour le développement de la filière ? Permettra-t-elle d’accélérer le processus vers la commercialisation, etc. La pondération de ces critères a permis de donner une note à chaque thématique pour établir un ordre de priorité. Il s’agit en quelque sorte de transformer des critères qualitatifs en notes quantitatives.

(1) Les plates-formes technologiques européennes ou PTE sont des entités officiellement reconnues par la Commission européenne dans le cadre du 7e Programme-cadre de recherche et développement et constituent des “lobbies technologiques”. Il existe 36 PTE, réparties en cinq domaines : l’énergie, les technologies de l’information et de la communication, la bioéconomie, les transports et, enfin, la production et les processus.