La lettre des énergies renouvelables du 27/11/2014

Photovoltaïque intégré au bati - Du solaire blanc dans les bâtiments

Crédit photo : CSEM

Le blanc est une couleur recherchée par les architectes en mal de solutions photovoltaïques faciles à intégrer dans les bâtiments. Mais c’est aussi la couleur qui reflète la majorité de la lumière, une propriété a priori contraire à ce que l’on attend d’un panneau solaire. La CSEM (Centre suisse d’électronique et de microtechnique) a réussi à composer avec cette difficulté et a mis au point des panneaux solaires blancs uniformes, sans cellules ni connecteurs apparents. Les recherches du CSEM se sont concentrées sur le développement d'un film polymère dit “nanotechnologique” qui a la propriété de laisser passer la lumière infrarouge et de réfléchir la totalité du spectre visible. Ce film pourra être intégré de deux façons par les fabricants, sur des modules plats ou incurvés. Soit le film peut être placé sur le verre et encapsulé dans le module, soit il sera posé à l'avant des cellules, sous le verre des panneaux. Ce type de modules est d'abord destiné au bâtiment mais pourrait aussi équiper des produits de consommation courante comme les ordinateurs portables ou les voitures, précise le CESM. Le film peut en effet être développé dans toutes les nuances de couleur.

Rendements

Bien évidemment, ce film polymère altère le rendement des panneaux. Ce dernier chute à 10 % pour les modules polycristallins et à 11 % pour les monocristallins. « Mais 10 %, c'est déjà beaucoup pour des modules blancs », relève le Dr. Laure-Emmanuelle Perret-Aebi, responsable du département Modules et systèmes du PV-Center du CSEM. Le rendement pourrait être un peu amélioré avec des modules à hétérojonction qui ont la propriété d'être plus efficace dans l'infrarouge. Il existe enfin une marge de progression. On peut en effet imaginer à l'avenir des cellules spécialement développées pour optimiser la production avec ce film nanotechnologique, en absorbant davantage dans l'infrarouge. « Cet élément a été développé pour le photovoltaïque intégré au bâtiment, argue Laure-Emmanuelle Perret-Aebi. Il apporte une solution pour rendre active une façade qui ne pouvait pas l'être auparavant pour des raisons esthétiques. Ce qui signifie qu'il n'y a pas une perte d'énergie mais un gain de 100 % par rapport à une surface inerte. » Depuis sa présentation fin octobre, ce film polymère a en tout cas suscité un fort intérêt à travers le monde et la chercheuse déclare recevoir des dizaines de messages par jour, de la part d'architectes en particulier. Le CSEM mène actuellement des discussions avec des partenaires industriels avec l'objectif de produire des modules certifiés blancs dès le second semestre 2015.