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La lettre des énergies renouvelables du 15/09/2015


Biométhane carburant - Le plein... à la ferme !

En Vendée, le conseil départemental a testé un nouveau mode de transport scolaire. En juin, un autocar a roulé pendant un mois avec du biométhane produit par des exploitations agricoles. Deux fois par semaine, le car allait s’approvisionner non pas à une station-service, mais à la ferme ! Plus précisément, à l’unité de méthanisation de Mortagne-sur-Sèvre (Vendée) qui transforme en biogaz, depuis un an et demi, les lisiers de quatre exploitations agricoles ainsi que des déchets agroalimentaires. Ce gaz est épuré pour obtenir du biométhane et injecté dans le réseau de gaz (65 Nm3/h). Au printemps dernier, une station de remplissage a été installée pour tenter une expérience avec le département de Vendée. C’est une première au niveau français. On connaissait les flottes captives de camions à Forbach et à Lille, alimentées au biométhane. Ou les réseaux de bus urbains (Paris, Nantes, Orléans), utilisant, eux, le GNV. Mais jusqu’à maintenant, aucun constructeur ne proposait d’autocar avec ce type de carburant.

Aucun souci technique

Résultat ? Un bilan très positif, comme le souligne Olivier Blot, directeur des transports du conseil départemental de Vendée : « Il n’y a eu aucun souci technique. Les chauffeurs qui avaient été formés n’ont pas eu besoin d’assistance et les élèves n’ont eu aucune appréhension ». La seule difficulté de l’opération a concerné le remplissage du car. Du fait de l’expérimentation, la station était sous-dimensionnée par rapport aux besoins du véhicule et, puisqu’elle était la seule en son genre, quelques déplacements supplémentaires ont été requis. Le car roulait entre 250 et 300 km avant chaque ravitaillement, alors qu’il a une autonomie de plus de 500 km. Les agriculteurs ont également dû effectuer certaines tâches, qui sont généralement automatisées dans ce genre de station.

Similaire au diesel

Un bilan précis sera effectué par GrDF à l’automne. Mais on sait d’ores et déjà que l’autocar a consommé environ 30 l/100 km. Une consommation similaire à celle d’un véhicule diesel. Le coût du biométhane est également proche de celui du diesel. Pourtant, la rentabilité économique est compliquée à atteindre, car il faut ajouter le prix de l’autocar, 20 % supérieur à celui d’un car classique. « Nous avons conscience que l’élément financier reste déterminant et, en tant que constructeur, nous travaillons activement à minimiser le coût du véhicule », souligne Julien Jarossay, responsable Bus et cars chez le constructeur Scania. Principal atout de ce carburant, le biométhane carburant affiche 95 % de réduction des émissions de particules et 85 % de réduction des NOx (oxydes d’azote), par rapport au diesel. Et surtout, le carburant est d’origine renouvelable et locale. Cette première expérimentation a séduit les agriculteurs d’Agribiométhane. Ils souhaitent s’engager dans cette voie, comme l’explique le président de la société, Damien Roy : « Dès que nous aurons le feu vert du département, nous investirons 200 000 € dans une station de biométhane, avec gaz comprimé. Des collectivités et des transporteurs qui sont installés dans notre secteur pourraient également être intéressés. Ce qui est important, c’est de tisser un maillage de stations GNV sur la Vendée ».