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La lettre des énergies renouvelables du 15/09/2015


Royaume-Uni - Coupe drastique des subventions

La ministre britannique de l’Énergie Amber Rudd inaugurant, en février dernier, l’usine de méthanisation de Nestlé, à Newcastle.

Légende : La ministre britannique de l’Énergie Amber Rudd inaugurant, en février dernier, l’usine de méthanisation de Nestlé, à Newcastle.
Crédit : Richard Walker/ImageNorth.

Après des années de soutien aux énergies renouvelables, le Royaume-Uni s’apprête à une diminution draconienne des subventions à l’électricité verte. Le Department of Energy and Climate Change (DECC), l’équivalent du ministère de l’Environnement en France, rendra sa décision le 23 octobre. Il y a fort à parier que les subventions aux centrales d’électricité renouvelable diminueront énormément, voire disparaîtront pour les nouvelles installations. Fin août, le DECC a soumis à consultation des tarifs d’achat pour les installations de moins de 5 MW. Il prévoit de les baisser de 12,47 p/kWh à 1,63 p/kWh pour les installations photovoltaïques domestiques. Soit une chute de 87 % à partir de janvier 2016 ! Les tarifs pour l’éolien et l’hydroélectricité devraient, eux aussi, s’effondrer. Au 1er octobre, le DECC va également supprimer la “préaccréditation”, qui permettait de jouir du tarif en vigueur lors du dépôt du dossier, avant la construction de l’installation. Dorénavant, c’est la date de mise en service qui déterminera le tarif.

Le (trop) vif succès du photovoltaïque

Avec ces coupes drastiques, la nouvelle ministre de l’Énergie, Amber Rudd, souhaite limiter la popularité des énergies renouvelables. En effet, avec des tarifs d’achat initiaux très incitatifs (43 p/kWh), le photovoltaïque a séduit plus de 730 000 foyers et entreprises (juillet 2015), alors que le Royaume-Uni visait 750 000 installations en… 2020 ! Le budget des subventions, financé par les consommateurs, explose. Le gouvernement estime que le montant des aides doit rester compris entre 75 et 100 millions de livres entre 2016 et 2018-2019, date à laquelle le soutien prendra fin. Toutefois, si les raccordements sont encore trop nombreux, le ministère pourra supprimer les aides aux nouvelles installations. Les syndicats des énergies renouvelables, en particulier la Solar Trade Association, sont vent debout contre ces propositions. Ils estiment qu’« un certain nombre de technologies appuyées par le tarif d’achat ont seulement besoin d'une courte période de soutien. Si 170 000 foyers installent des panneaux photovoltaïques cette année, cela ne pèsera que 50 pences sur la facture énergétique annuelle moyenne des ménages ». Une délégation d’une centaine d’organisations, représentant des dizaines de milliers de personnes, a écrit au Premier ministre, exprimant « une grande inquiétude » face à la diminution des subventions.