Senvion

La lettre des énergies renouvelables du 28/10/2015


Innovation - Une route solaire signée Colas et Ines

Légende : Colas affirme que sa technologie Wattway peut s’adapter à toutes les routes et tout type de véhicule circulant dessus.

Légende : Colas affirme que sa technologie Wattway peut s’adapter à toutes les routes et tout type de véhicule circulant dessus.
Crédit : Joachim Bertrand/Colas.

Une “route solaire”, c’est la promesse faite par Colas, lors de la présentation le 13 octobre de Wattway, un concept de revêtement photovoltaïque. Les dalles Wattway comprennent des cellules photovoltaïques enrobées dans un substrat multicouche. Ces cellules captent l’énergie solaire au travers d’une très fine feuille de silicium polycristallin permettant de produire de l’électricité. Principal avantage de cette solution : « Les dalles sont adaptables aux routes du monde entier et capables de supporter la circulation de tout type de véhicule, y compris les poids lourds », explique Colas. Leur finesse (quelques millimètres d’épaisseur) et leur résistance, permet de les poser et de les coller directement sur la chaussée, sans travaux de génie civil. Deux cibles pour cette technologie : les zones urbaines (près des lieux de consommation et de croissance de la demande d’électricité), et les régions isolées (pour créer des infrastructures de production d’énergies locales et pérennes, en circuit court). Deux brevets ont été déposés, dont un sur la “texturation de la face avant” des dalles, dévoile Vincent Durand, business developer de Colas. Ainsi, une résine “bicomposée” de résine et de granulats de verre est déposée sur les dalles. Celle-ci peut ainsi s’adapter au type de surface voulue en jouant « sur les textures de granulats de verre ».

Si l’idée a une dizaine d’années, ce sont cinq années de développement en partenariat avec l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) qui lui ont permis de voir le jour. À Colas, l’expertise routière, à l’Ines la partie photovoltaïque. Il y a déjà « une très bonne réaction sur le produit », confie Vincent Durand. L’objectif est désormais de « se confronter au marché réel », ajoute-t-il. Colas est donc à la recherche de donneurs d’ordre (publics ou privés) pour voir essaimer des chantiers d’application de sa technologie. Pour l’année 2016, « une quinzaine ou une vingtaine de projets in situ » sont espérés, dévoile le business developer. Infrastructures routières, mais aussi aéroports, parkings, etc. sont ciblés. Sans se limiter à la France, puisque l’industriel français, fort de 300 agences nationales et surtout de sa présence dans une cinquantaine de pays, imagine sa solution prendre sa place sur l’ensemble de ces marchés. Mais Colas vise aussi des zones où il n’est pas encore installé, comme en Inde, pour répondre nombreux besoins de production électrique décentralisée, ajoute Vincent Durand. Les particuliers devront, eux, attendre un peu, car si certains projets sont pertinents, Colas n’a pas encore les capacités industrielles de production pour faire face aux demandes. Pour autant, y répondre constitue aussi, « à terme », un objectif.