Éditorial du n° 231 de Systèmes Solaires, le Journal des Énergies Renouvelables

NOUS ÉTIONS VINGT ET CENT, NOUS SOMMES DES MILLIERS

La bonne étoile de la COP21 continue de briller, si l’on en croit les dépêches qui tombent sur les téléscripteurs. Au lendemain des fêtes, nous fûmes plongés dans l’obscurité, dans un inquiétant état de déréliction, affrontant nos pairs plus sceptiques et désabusés que jamais. À Paris, nous n’avions rien obtenu, puisque de contrainte il n’y avait point. Heureusement, il ne se passe plus une journée sans que les actualités nous surprennent et nous interpellent ; elles se font un malin plaisir de prendre le contrepied de tous les pronostics des oiseaux de mauvais augure, qui se repaissent des malheurs du monde ou attendent en leur for intérieur la révolution du Grand Soir. Deux informations parmi tant d’autres : au Danemark, l’énergie éolienne a permis d’assurer 42,1 % de la consommation électrique du pays scandinave en 2015, pendant que le Chili, dans l’autre hémisphère, vise désormais 70 % de renouvelables dans son mix électrique d’ici à 2050.

Si l’horloge climatique semble s’emballer, des initiatives se multiplient ici et là pour conjurer, ou plutôt adapter nos modes de produire et de consommer au nouvel environnement planétaire. Et s’il fallait encore un chiffre, un seul, pour peser l’importance de cette transition, ce serait le montant faramineux calculé par Bloomberg New Energy Finance (BNEF), dont la réputation n’est pas à faire : 330 milliards de dollars ont été investis, en 2015, en faveur des énergies renouvelables. La baisse drastique du cours du brut n’a donc pas découragé les investisseurs, qui n’ont pas pour principe de dépenser en pure perte et calculent à terme.

Nous étions quelques-uns, à dire vrai une poignée, à prédire que, même dans notre beau pays de France, l’électricité renouvelable serait compétitive avant la fin de la décennie et pourrait donc se dispenser des aides financières indispensables à son démarrage. Dans une étude qui vient de paraître, l’Ademe annonce que le photovoltaïque sera rentable sans subvention en 2020, ouvrant ainsi une nouvelle ère, celle de sa généralisation et du développement massif de l’autoconsommation.

Nous étions vingt et cent, nous sommes des milliers, non plus « nus et maigres, tremblants, dans des wagons plombés », mais forts et riches de nos espérances, des militants puis des experts, des politiques comme de simples quidams décidés plus que jamais à engager la transition énergétique.

Et c’est bien pourquoi nous avons voulu lancer une nouvelle version du magazine. Pas seulement un lifting, un ripolinage de façade, mais bien un journal revu et visité de fond en comble, afin qu’il réponde davantage à vos attentes : maquette plus aérée et illustrée, rubriques organisées, une place plus importante donnée au local, mais aussi à l’international, à la recherche scientifique, aux technologies comme à l’expérimentation… Ce n’est pas tout. Conscients de l’importance de fournir une information en temps et en heure à tous nos lecteurs, nous avons voulu accroître la fréquence de parution. Ainsi, tous les deux mois, un magazine spécifique sera réalisé sur le photovoltaïque, un autre sur l’éolien, tandis que Le Journal des Énergies Renouvelables permettra, avec la même cadence, de couvrir l’ensemble des énergies renouvelables.

Le journal que vous tenez entre vos mains, ce n’est pas notre magazine mais bien le vôtre. Support modeste mais nécessaire pour accompagner la transition énergétique, votre concours nous est précieux pour réussir sa métamorphose.

Vincent Jacques le Seigneur
Président d'Observ'ER